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La religion

La page sera complétée pendant l'année lorsque la notion sera de nouveau abordée.

Définition simple

La religion est un système de croyances, de pratiques et d'institutions qui met les humains en relation avec une dimension qu'ils jugent sacrée ou divine. Elle se manifeste à la fois comme une foi personnelle (un rapport intime à Dieu, aux dieux ou à un absolu), comme un ensemble de rites collectifs (prières, fêtes, sacrements), et comme une institution sociale (Église, clergé, textes sacrés). Toute religion suppose la distinction du sacré et du profane.

Définition approfondie

Étymologie : du latin religare (« relier, établir un lien ») ou relegere (« relire, rassembler, considérer avec soin les choses sacrées »). La religion est ainsi un double lien : vertical (les hommes vers une divinité, par une parole ou un livre sacré) et horizontal (les hommes entre eux, au sein d'une Église ou d'une communauté de croyants).

Distinctions conceptuelles :

  • Religion / spiritualité : la spiritualité est une recherche personnelle d'un sens supérieur, qui peut se passer d'institution. La religion ajoute à la spiritualité un cadre collectif (dogmes, rites, autorité).
  • Foi / croyance / savoir : la foi est une adhésion confiante à ce qu'on ne peut pas démontrer ; la croyance est un état mental qui tient pour vrai sans preuve suffisante ; le savoir suppose au contraire une justification rationnelle ou empirique. Voir le repère croire / savoir.
  • Sacré / profane : le sacré est ce qui est mis à part, intouchable, objet de respect religieux ; le profane est l'ordinaire de la vie quotidienne.
  • Types de religions : on distingue habituellement les religions monothéistes (un seul Dieu — judaïsme, christianisme, islam), polythéistes (plusieurs dieux — religions antiques, hindouisme), animistes (esprits attachés aux êtres et aux lieux), et les sagesses non théistes (certaines formes de bouddhisme).

Trois questions philosophiques classiques :

  1. Peut-on prouver l'existence (ou l'inexistence) de Dieu ? — les preuves rationnelles (ontologique d'Anselme et Descartes, cosmologique de Thomas d'Aquin) et leurs critiques (Kant, Russell).
  2. Religion et raison sont-elles compatibles, ou rivales ? — la question du « conflit » entre science et religion.
  3. La religion fonde-t-elle la morale, ou peut-on être moral sans Dieu ? — la question « si Dieu n'existe pas, tout est-il permis ? » (Dostoïevski, Sartre).

-> Voir le repère conceptuel croire / savoir.

-> Voir aussi la fiche de révision — La religion (PDF + exercices) et la notion de science.

Questions
problématiques, Grandes thèses et arguments vue en cours
  • Leçon principale (n°9) — Les vérités religieuses et scientifiques sont-elles concurrentes ?
    • 1. La Bible contre Darwin. Le procès Scopes de 1925 (« procès du singe ») oppose frontalement l'enseignement biblique et la théorie darwinienne. Le récit de la Genèse (chapitres 1 et 2) présente l'homme comme créé directement par Dieu « à son image », au terme d'un acte séparé. Charles Darwin (L'Origine des espèces, 1859 ; La Filiation de l'homme, 1877) défend au contraire que l'homme descend d'un ancêtre commun aux autres mammifères, par sélection naturelle. La religion peut-elle exiger de remplacer les explications scientifiques au nom de la foi ?
    • 2. Vérités scientifiques et religieuses. Sortir de la rivalité. Pour Spinoza (Éthique, Appendice du Livre I, 1677), expliquer un événement par « la volonté de Dieu » lorsqu'on en ignore les vraies causes, ce n'est pas savoir — c'est se réfugier dans ce qu'il appelle un « asile de l'ignorance ». La religion, quand elle prétend rivaliser avec la science sur le terrain de l'explication causale, ne fait que masquer son ignorance. Pour Bertrand Russell (Religion et science, 1935), la différence est plus radicale : le credo religieux prétend exprimer une « vérité éternelle et absolument certaine », tandis que la science abandonne cette prétention au profit d'une vérité « technique » — provisoire, faillible, mesurable au nombre d'inventions et de prévisions exactes qu'elle rend possibles. Renoncer à la vérité absolue n'est pas une démission : c'est un gain pour la science.
    • 3. Y a-t-il une foi scientifique ? Friedrich Nietzsche (Le Gai Savoir, §344, 1887) renverse l'opposition « science = savoir / religion = croyance ». La science, dit-il, n'admet pas les convictions — sauf une, qu'elle ne questionne jamais : la vérité est nécessaire, et tout le reste n'a qu'une valeur de deuxième ordre. L'opposition simple science/religion devient ainsi problématique : toute connaissance, même scientifique, repose en dernier ressort sur un acte de croyance.
  • Leçon 5 — Sommes-nous libres ?. Si Dieu n'existe pas, l'homme est-il condamné à être libre ?
    • 3. Peut-on se libérer des contraintes ? Selon Jean-Paul Sartre (L'existentialisme est un humanisme, 1946), reprenant le mot de Dostoïevski « si Dieu n'existait pas, tout serait permis », l'absence de Dieu condamne l`homme à la liberté. Sans Dieu, il n'y a pas de valeurs ni d'ordres préétablis qui légitimeraient nos conduites — « l'existence précède l'essence », l'homme est jeté dans le monde, sans appui ni excuse, responsable de tout ce qu'il fait. La religion n'apparaît donc pas seulement comme un système de croyances, mais comme une structure de sens dont l'absence redéfinit complètement le rapport à la liberté. Voir la notion de liberté.