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Le travail

La page sera complétée pendant l'année lorsque la notion sera de nouveau abordée.

Définition simple

Ensemble des activités par lesquelles l’être humain transforme la nature et satisfait ses besoins.

Définition approfondie

Le travail se définit d'abord par son rapport à la nature : il est une activité de transformation de la matière, qui nous permet de satisfaire nos besoins vitaux (manger, se loger, se vêtir, etc.). Mais le travail est aussi une activité sociale : il nous permet de ne pas avoir à subvenir seul à tous nos besoins ; grâce à la division du travail, les hommes se spécialisent dans certaines tâches et échangent le fruit de leur travail avec celui des autres membres de la société. Enfin, le travail est une activité créatrice : il nous permet de réaliser notre potentiel humain, de nous épanouir, de nous accomplir. Mais l’histoire de cette notion nous montre que le travail n'a pas toujours été considéré comme une valeur, comme une tâche humanisante :

  • Il est à l'origine perçu comme une malédiction, un châtiment (Adam, dans la bible, est expulsé du paradis et condamné à travailler). Le mot travail aurait pour origine le latin tripalium, un instrument de torture médiéval.
  • Avec la révolution industrielle, le travail a été revalorisé : il permet non seulement la satisfaction des besoins vitaux, l’augmentation de la richesse, et donc l’essor des nations, mais aussi la socialisation et la réalisation de soi, comme le montre Hegel, pour qui le travail, en transformant la matière, nous offre un miroir dans lequel nous pouvons nous reconnaître en tant qu'esprit. Cette conception moderne du travail correspond à une autre étymologie possible du concept : la racine tra renverrait au dépassement, à la transformation, au passage d'un état à un autre (comme dans les mots traverser, transformation, ou l'anglais travel).
  • Mais, comme Marx le montre, l’exigence de productivité et de rentabilité propre à la société capitaliste brise cette activité libératrice : le travail est de plus en plus exploité tandis que la technique, de plus en plus envahissante, aliène l’homme. C’est pourquoi certains philosophes, comme Bertrand Russell (dans Éloge de l'oisiveté), privilégient ce que les Grecs appelaient la skole, que l’on traduit par loisir et qui, loin d’être de la paresse, constitue un temps libre propice à se réaliser dans des tâches réellement humaines (l'art, la connaissance, la politique, etc.).
Questions
  • Leçon principale (n°7)
    • L’artiste est-il un travailleur comme les autres, qui crée en suivant des règles, ou est-il un génie inspiré, qui crée de manière spontanée et originale ?
    • Le travail est-il une malédiction et une torture ou au contraire une activité libératrice ?
problématiques, Grandes thèses et arguments vue en cours
  • Leçon principale (n°7)
    • Art et travail :
      • Alain distingue l'art du travail : le travail est une activité qui suit des règles, et dans laquelle l'artisan pense, planifie, et ensuite fabrique à l'aide de techniques. L'art, au contraire, est une activité qui ne suit pas de règles préétablies, et dans laquelle l'artiste crée de manière spontanée, découvrant son œuvre pendant qu'elle se fait.
      • De même, Kant considère que l'art est traversé par l'idée de génie, un don de la nature qui n'est pas acquis par le travail. De cette distinction entre art et travail naît l'idée que l'artiste n'est pas un travailleur, que l'art n'est pas un métier mais une activité désinterressé et soumise à un don naturel.
      • Cependant, Nietzsche critique cette illusion du génie et de la réussite sans travail : les plus grands artistes (ou philosophes, ou savants) ne sont pas des génies inspirés, mais des personnes qui consacrent leur vie à apprendre leur art. Si nous croyons au génie, c'est parce que nous ne voyons pas les artistes au travail mais contemplons leurs œuvres achevées, mais aussi parce que nous n'aimons pas le travail et préférons croire que certains réussissent sans effort.
    • Le travail, malédiction ou libération ? :
      • Aristote voit dans le travail une tâche indigne de l'homme libre, qui doit donc être réservée aux esclaves, considérés (à tort !) comme des barbares, des non-humains. Le travail est une activité naturelle, qui prouve notre dépendance à la nature, et qui ne permet pas à un homme libre de se réaliser. Cette conception est généralement celle de l'antiquité greco-romaine : le travail étant une nécessité naturelle commune à tous les animaux, il n'est pas considéré comme une activité spécifiquement humaine. C'est plutôt dans l'usage de la raison théorique (la science) et pratique (la politique), que nous pouvons atteindre l'excellence.
      • Avec Hegel naît la conception moderne du travail, opposée à la conception antique. Le travail devient activité libératrice : en transformant la matière, nous nous transformons nous-mêmes, nous réalisons notre potentiel spirituel, nous nous libérons de notre animalité. Hegel voit le travail comme un moyen de prendre conscience de soi-même, de se reconnaître dans le monde grâce à notre activité transformatrice qui impose la forme de l'esprit à la matière inerte.
      • Bertrand Russell privilégie ce que les Grecs appelaient la skole, que l’on traduit par loisir et qui, loin d’être de la paresse, constitue un temps libre propice à se réaliser dans des tâches réellement humaines (l'art, la connaissance, la politique, etc.). Sa défense du loisir passe par la démonstration que les longues journées de travail ne sont pas dues à des nécessités économiques, mais à une idéologie trompeuse qui institue le travail comme valeur fondamentale et chemin vers le bonheur.