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La science

La page sera complétée pendant l'année lorsque la notion sera de nouveau abordée.

Définition simple

Du latin scientia (savoir), une science est un ensemble de connaissances qui expliquent le fonctionnement d'un objet déterminé, acquises de manière méthodique, vérifiables, au contenu objectif et universel.

Définition approfondie
  • ➡ Voir la carte mentale.
  • En tant que savoir, la science s'oppose à la croyance. Le savoir scientifique apporte des connaissances solides, certifiées par des preuves (faits, expérimentations) ou des arguments (raisonnements, démonstrations). Une croyance est une affirmation vraisemblable, qui n'est pas certaine car sans preuves ou démonstrations. On peut distinguer les croyances faibles (reposant sur des préjugés) des croyances fortes (reposant sur des dogmes, comme dans les religions et les idéologies).
  • Une science se définit par son objet d'étude, ce qu'elle tente d'expliquer : il peut s'agir des phénomènes naturels (étudiés par les sciences expérimentales, ou sciences de la nature), d'idées telles que les nombres et les figures (étudiés par les sciences formelles, les mathématiques), ou des phénomènes humains (étudiés par les sciences humaines : anthropologie, sociologie, économie, psychologie, etc.).
  • Une science se définit par sa méthode : vérifier des hypothèses de départ par des expérimentations (sciences de la nature), des démonstrations (sciences formelles), des enquêtes (sciences humaines).
  • Le savoir scientifique est objectif, c'est-à-dire indépendant de celui qui le découvre. Les savants étudient les relations des phénomènes entre eux et leurs impressions subjectives n'entrent pas en compte, ce qui leur permet de chercher ensemble à s'approcher de la vérité.
  • Les sciences découvrent des lois universelles, valable partout et tout le temps : par exemple, la loi de la gravité (Newton) explique le comportement des objets célestes et s'applique dans tout l'univers, hier, aujourd'hui et demain (on parle donc de loi de l'attraction universelle).
  • Vérité technique vs vérité absolue (apport L9) : la science moderne (cf. Russell) renonce à la prétention d'une vérité absolue et définitive. Elle vise une vérité « technique », provisoire et faillible, qui se mesure aux inventions qu'elle rend possibles et aux prévisions qu'elle vérifie. Renoncer à l'absolu n'est pas une démission : c'est ce qui distingue la science d'un credo religieux.

-> Voir le repère conceptuel croire / savoir.

-> Voir aussi la fiche de révision — La science (PDF + exercices) et la notion de religion.

Questions
problématiques, Grandes thèses et arguments vue en cours
  • Leçon 3. Comment les sciences construisent-t-elles leurs théories ? Comment établissent-elles leurs vérités ?
    • Une science cherche à répondre à la question "comment ?" en établissant des relations de cause à effet dans les phénomènes qu'elle veut expliquer. La causalité n'est pas une simple corrélation entre événements.
    • Une science doit pouvoir vérifier ses hypothèses pour en faire des théories. les sciences de la nature vérifient par des procédures expérimentales (valider les hypothèses par des expérimentations), les sciences formelles par des démonstrations, les sciences humaines par des enquêtes.
  • Leçon 3. La conscience peut-elle être expliquée scientifiquement ?
    • Si la conscience se réduit au cerveau, si elle n'est qu'un ensemble d'activités cérébrales, alors la science (la neurologie) peut l'expliquer en observant ce qu'il se passe dans le cerveau quand nous avons des états mentaux (pensées, désirs, perceptions, etc.). Les neurologues Nancy Kanwisher et Jean-Pierre Changeux défendent cette thèse.
    • Mais si la conscience est une expérience subjective (un "film intérieur") que l'on ne peut pas réduire à une simple activité cérébrale, alors l'explication de la conscience devient un "problème difficile" (David Chalmers) que la science ne peut pas résoudre. La conscience serait donc une propriété émergente du cerveau, qui s'en distingue. Henri Bergson défend l'idée que "il y a infiniment plus, dans une conscience humaine, que dans le cerveau correspondant".
  • Leçon 9 — Les vérités religieuses et scientifiques sont-elles concurrentes ?
    • 1. La Bible contre Darwin. Le procès Scopes de 1925 (« procès du singe ») oppose frontalement le récit biblique de la création (Genèse) et la théorie darwinienne de l'évolution. Charles Darwin (L'Origine des espèces, 1859 ; La Filiation de l'homme, 1877) défend que l'homme descend d'un ancêtre commun aux autres mammifères, par sélection naturelle. La science et la religion répondent-elles à la même question, ou parlent-elles de choses de nature différente ? Les explications scientifiques et religieuses ont-elles la même valeur ?
    • 2. Vérités scientifiques et religieuses. Pour Spinoza (Éthique, Appendice du Livre I, 1677), expliquer un événement par « la volonté de Dieu » quand on en ignore les vraies causes, c'est se réfugier dans ce qu'il appelle un « asile de l'ignorance » — non pas savoir, mais masquer son ignorance. Pour Bertrand Russell (Religion et science, 1935), la différence est plus radicale : un credo religieux prétend exprimer une « vérité éternelle et absolument certaine », tandis que la science abandonne cette prétention au profit d'une vérité « technique » — provisoire, faillible, qui se mesure aux inventions qu'elle rend possibles. Voir la notion de vérité.
    • 3. Y a-t-il une foi scientifique ? Retournement. Friedrich Nietzsche (Le Gai Savoir, §344, 1887) renverse l'opposition « science = savoir / religion = croyance ». La science, dit-il, n'admet pas les convictions — sauf une, qu'elle ne questionne jamais : la vérité est nécessaire, et tout le reste n'a qu'une valeur de deuxième ordre. « La science, elle aussi, repose sur une foi, et il ne saurait exister de science inconditionnée. » L'opposition simple science/religion devient ainsi problématique : toute connaissance, même scientifique, repose en dernier ressort sur un acte de croyance — celui qui pose que la vérité doit être recherchée. Voir la notion de religion.