La conscience
La page sera complétée pendant l'année lorsque la notion sera de nouveau abordée.
Être conscient, c'est avoir connaissance de ce qui se passe autour de nous et en nous. La conscience s'oppose donc à l'inconscience, le fait de ne pas être éveillé et de ne pas être en état de savoir quelque chose.
Du latin cum, « avec », et scientia, « savoir », la conscience désigne un état mental qui s'accompagne de savoir. La conscience est donc le fait de vivre quelque chose et d'en prendre conscience, c'est-à-dire de savoir qu'on est en train de vivre cette chose. Par exemple, « Je suis conscient qu'il pleut » signifie que je sais qu'il est en train de pleuvoir. À l'inverse, si je dors et donc que je suis inconscient, je ne sais pas qu'il pleut, je n'en suis pas conscient.
On distingue différents types de conscience :
- la conscience spontanée ou immédiate, qui est tournée vers le monde extérieur : c'est le fait d'être éveillé, d'être présent au monde, de percevoir ce qu'il se passe autour de nous.
- la conscience réfléchie ou conscience de soi : c'est le fait de savoir que l'on existe, et donc de pouvoir faire retour sur soi-même (pratiquer l'introspection), de se prendre pour objet de pensée (je sais que j'existe, je sais qui je suis).
- la conscience morale : le fait de savoir ce qui est bien et ce qui est mal, source de la raison pratique et de la responsabilité morale.
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- Leçon 2 : Penser, est-ce être conscient ?
- Leçon 3 :
- La conscience n'est-elle qu'une activité cérébrale ou s'en distingue-t-elle ?
- La conscience est-elle un privilège humain qui nous permet de faire tout ce que nous voulons des animaux ?
- Leçon 4 :
- Quelle certitude la conscience nous procure-t-elle sur nous-même ?
- Puis-je savoir qui je suis ?
- Des pensées inconscientes peuvent-elle échapper à notre conscience ?
- Leçon 2. Toute pensée s'accompagne-t-elle de conscience ? Faut-il être conscient pour penser ?
- Si la pensée se définit seulement comme rationalité, comme capacité à calculer, alors elle ne doit pas nécessairement s'accompagner de conscience, et une machine pourrait dans ce cas être capable de penser (voir le test de Turing et la théorie fonctionnaliste).
- Mais si on définit la pensée comme "dialogue intérieur et silencieux de l'âme avec-elle-même" (Platon), autrement dit comme la capacité à réfléchir, se dédoubler intérieurement pour prendre conscience de ce que l'on pense, alors, toute pensée s'accompagne de conscience réfléchie, de conscience de soi.
- Leçon 3. La conscience se réduit-elle au cerveau ?
- Soit la conscience n'est qu'une activité neuronale dans le cerveau, électro-chimique donc matérielle : on peut, selon la neurologue Nancy Kanwisher, établir un lien de causalité entre l'activité cérébrale et des états mentaux tels que la reconnaissance des visages. Il y aurait donc, selon Jean-Pierre Changeux, identité entre phénomènes mentaux et phénomènes cérébraux (thèse matérialiste).
- Soit la conscience est un "problème difficile" (David Chalmers) que la science ne peut pas résoudre, car elle se définit comme une expérience subjective, qui se distingue des activités neuronales objectives. La conscience serait alors une propriété émergente du cerveau : elle naît du cerveau, mais elle devient autre chose, elle devient de l'esprit (voir la définition de l'émergentisme).
- Selon Henri Bergson, « il y a infiniment plus, dans une conscience humaine, que dans le cerveau correspondant » : la conscience a besoin du cerveau pour exister, mais elle est autre chose qu'une simple activité cérébrale. Elle est ce qui fait passer l'animal d'un monde fermé et instinctif à un monde ouvert où apparaît la liberté de choix. « La conscience correspond exactement à la puissance de choix dont l'être vivant dispose » (Henri Bergson, "La Conscience et la vie"). Chez l'animal, cette conscience reste attachée à l'instinct, chez l'être humain, elle s'en libère.
- Leçon 3. La conscience est-elle un privilège humain ?.
- Selon Emmanuel Kant, la conscience de soi, c'est-à-dire le pouvoir de se représenter le « Je », de penser à la première personne, fait de l'homme un être supérieur aux animaux, aussi bien hiérarchiquement (par le « rang ») que moralement (par la « dignité ».). Cela l'autorise à posséder les animaux et à en faire ce qu'il veut. Puisque nous leur sommes « infiniment » supérieurs, on peut donc dire qu'il y a une différence de nature entre l'homme et l'animal, et pas de degrés.
- La philosophe contemporaine Joëlle Proust considère de son côté que cela pose un problème moral et politique : la dignité morale et les droits doivent-ils être limités exclusivement à l'être humain conscient de lui-même et qui se définit comme une personne ? Ou doivent-ils être étendus aux animaux, qui éprouvent des états mentaux comme la peur ou la frustration, même s'ils ne sont pas dotés de conscience de soi ?
- Leçon 4
- Introduction. Qu'est-ce que l'identité personnelle et quel problème pose-t-elle ? La conscience de soi est au cœur du problème de l'identité personnelle. Qu'est-ce qui fait de moi un être un et unique, distinct des autres ? Qu'est-ce qui fait que je suis toujours le même individu à travers le temps, malgré les changements physiques et psychologiques que je peux subir ? Le paradoxe du bateau de Thésée illustre cette question : si toutes les planches d'un bateau sont remplacées une à une, est-ce toujours le même bateau ? De même, si je change sans cesse, suis-je toujours la même personne ?
- 1. La conscience de soi nous donne-t-elle une certitude absolue sur notre propre existence ?. Selon René Descartes, la conscience de soi est la source d'une certitude indubitable : « Je pense, donc je suis ». Tant que je doute, je suis conscient de douter, donc je suis conscient d'exister. Ma conscience de moi-même me prouve que j'existe en tant qu'être pensant. Cependant, cette certitude ne s'étend pas à mon corps ou au monde extérieur, qui peuvent être mis en doute. David Hume, de son côté, remet en question l'idée d'un moi-substance, que l'on pourrait saisir par la pensée et qui serait séparable de nos expériences sensibles : il affirme que ce que nous appelons le « moi » n'est qu'un faisceau de perceptions changeantes, sans substance permanente pour les porter.
- 2. Comment savoir qui je suis ?. Pour répondre à cette interrogation, Blaise Pascal commence par poser une autre question : celui ou celle qui m'aime, qu'aime-t-il en moi ? Si ce sont des qualités physiques ou morales, elles peuvent changer ou disparaître, et cette personne, donc, ne m'aime pas moi. Mais derrière ces qualités, aucun moi ne se cache. Il est donc normal d'aimer une personne pour ses qualités périssables.
- 3. Des pensées inconscientes peuvent-elles échapper à notre conscience ?. Selon Sigmund Freud, la conscience n'est qu'une partie de notre psychisme. En dessous de la conscience se trouve l'inconscient, qui contient des désirs, des souvenirs et des pensées refoulées, c'est-à-dire des contenus mentaux qui ne sont pas accessibles à la conscience mais qui influencent notre comportement. Voir la notion d'inconscient pour plus de détails.