La liberté
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Définition simple
Est libre une personne qui n'est pas soumise à des contraintes.
Définition approfondie
Il faut distinguer :
- La contrainte et l'obligation
- La contrainte est une puissance physique qui nous force à faire quelque chose en opposition avec notre volonté (exemples : la gravitation, une arme à feu). L’obligation est une puissance morale qui ordonne d’agir (exemples : la loi morale nous ordonne de ne pas mentir, la loi civile de payer nos impôts).
- La soumission et l'obéissance
- On se soumet à une contrainte qui ne nous laisse aucun choix (exemples : je me soumets à la gravitation si je me jette dans le vide, au voleur qui me menace avec une arme)
- On obéit à une loi, morale ou civile, avec la liberté d'y désobéir (exemples : ne pas mentir, payer ses impôts)
La liberté est donc absence de contraintes, mais pas d'obligations.
➡ Voir les repères conceptuels obligation – contrainte.
Questions
- Leçon principale (n°5) :
- Le problème du libre-arbitre : sommes-nous libres de nos choix, ou sommes-nous déterminés par des causes qui nous échappent ?
- Leçon 1 :
- La liberté est-elle le droit absolu d'accomplir tout ce que la nature nous permet de faire, sans restrictions sociales ou morales ?
- La liberté se limite-t-elle à accepter notre sort, à juger objectivement ce qui nous arrive sans tenter de le changer ?
- Leçon 3 :
- Faut-il être conscient pour être libre ?
- La liberté est-elle le propre de l'homme ?
- Leçon 6 : la liberté est-elle naturelle, ou est-elle liée à la culture ?
problématiques, Grandes thèses et arguments vue en cours
- Leçon principale (n°5). La question du libre-arbitre.
- Définitions :
- Les différents genres de liberté (selon Leibniz) : la liberté de fait (être réellement libre) s'oppose à la liberté de droit (avoir droit à certaines libertés civiles, permises par la loi). La liberté de fait se distingue en liberté d'agir (le pouvoir d'utiliser son corps) et liberté de vouloir (capacité à décider). Cette liberté de vouloir se sépare en liberté morale et libre-arbitre : la liberté morale consiste à vouloir ce qui est bon (sagesse), le libre-arbitre à vouloir sans être déterminé (et donc pouvoir vouloir aussi le mal).
- Liberté et déterminisme: . Le libre-arbitre est le pouvoir de décider : notre volonté est cause première de nos actions. On parle de déterminisme quand certaines causes entraînent des effets nécessaires, des effets qui ne pouvaient pas ne pas avoir lieu. Si le déterminisme est vrai, alors nos actions sont causées par des événements qui nous échappent, et nous ne sommes pas libres.
- La thèse déterministe : Nietzsche et Spinoza défendent l'idée que nous agissons toujours par nécessité. Pour Nietzsche, la nature (l'instinct grégaire de conservation) agit à travers nous ; pour Spinoza, nous avons l'illusion d'agir librement car nous ne connaissons pas les causes qui nous déterminent (nos désirs).
- Les différentes manières de défendre la liberté face au déterminisme :
- Descartes prouve la réalité du libre-arbitre à l'aide d'un exemple autobiographique (dans sa jeunesse, il tombait toujours amoureux de jeunes femmes qui louchent) : notre volonté peut vaincre les passions qui nous déterminent grâce à la réflexion ; savoir d'où provient un déterminisme corporel permet à la volonté de le refuser.
- Kant nous montre comment la liberté morale permet de remplacer la soumission à des pulsions naturelles par l'obéissance à une loi morale que nous nous donnons nous-même.
- Enfin, Sartre défend l'idée d'une liberté absolue : non pas d'agir et faire tout ce que nous voulons, mais de nous définir existentiellement par nos choix ; aucune excuse (nature humaine, providence divine) ne peut justifier nos actes, nous sommes toujours responsables de nos décisions, et nous nous définissons (nous donnons une essence, une nature) à travers elles.
- Définitions :
- Leçon 6, L'Enfant Sauvage : liberté et nature. Le cas de Victor de l'Aveyron nous permet de distinguer deux genres de liberté : liberté naturelle et liberté morale. Dans son environnement naturel, où il n'est soumis à aucune obligation sociale, l'enfant sauvage est libre, au sens où il peut faire tout ce que la nature lui permet de faire. Mais il n'est pas libre au sens moral, car il ne peut pas se donner des règles à lui-même, ni se définir par ses choix. La fin du film de François Truffaut illustre cette opposition entre ces deux genres de liberté : Victor s'échappe de la maison d'Itard librement, au sens où il se laisse aller à ses vieilles pulsions (courir librement, vivre au grand air, chercher sa nourriture, etc.) ; pourtant, il fait le choix moral de revenir à la maison d'Itard : en partie parce qu'il n'est plus capable de vivre dans la nature, mais surtout parce qu'il se rend compte que c'est là qu'il peut se développer et devenir pleinement humain.
- Leçon 1, debat entre Socrate et Calliclés (Platon, Gorgias). Les normes morales et sociales s'opposent-elles à la liberté, nous empêchent-elles d'être libre ? Ou, au contraire, ces règles, en permettant l'égalité, rendent-elles tout le monde libre ?
- Être libre, est-ce laisser libre cours à ses désirs et passions, ou est-ce, au contraire, limiter notre liberté et savoir se contenter de peu ?
- Calliclès défend une liberté naturelle qui consiste à obéir à ce que la nature commande plutôt qu'aux conventions sociales. Être libre, c'est donc laisser libre cours à nos désirs, faire ce que la nature nous dit de vouloir.
- À l'inverse, Socrate voit la liberté comme la capacité à se limiter soi-même dans ses désirs, à se contenter raisonnablement de ce que nous possédons.
- Être libre, est-ce laisser libre cours à ses désirs et passions, ou est-ce, au contraire, limiter notre liberté et savoir se contenter de peu ?
- Leçon 1, Épictète. Qu'est-ce qu'être libre et comment le devenir ? Être libre, est-ce élargir au maximum nos possibilités d'agir, se rendre indépendant en nous libérant des contraintes qui entravent nos désirs ? Ou est-ce au contraire comprendre que notre liberté se limite à ce qui dépend de nous, et accepter notre sort sans désirer le changer, pour se concentrer sur la réelle liberté, l'indépendance intérieure ?
-> Épictète, dans son "Manuel", défend une liberté intérieure qui consiste à :- se soumettre au destin, à l'accepter plutôt qu'à le changer.
- se concentrer sur ce qui est réellement libre et sans contrainte en nous : penser, juger, vouloir.
- Leçon 3, Henri Bergson : « Conscience est synonyme d'invention et de liberté. Or chez l'animal, l'invention n'est jamais qu'une variation sur le thème de la routine. »
- Bergson définit la liberté comme la capacité à interrompre le routine de l'instinct qui nous pousse à réagir à un stimulus de manière automatique. Être libre, c'est donc prendre le temps d'examiner les différents choix qui se présentent à nous. Cette suspension du temps, ce moment d'arrêt et de réflexion implique la conscience de ce que nous voulons faire, la capacité à se projeter dans l'avenir et à inventer des solutions inédites aux problèmes qui se posent à nous.
- Cette conscience et cette liberté seraient limitées dans le monde animal : les animaux peuvent échapper par moments à l'automatisme de l'instinct (en ce sens, ils sont donc en partie conscients), mais ils retombent naturellement dans les habitudes biologiques de leur espèce. Chez l'homme, en revanche, la liberté est capable de remplacer totalement l'instinct.