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E

Époché

Mot grec signifiant « suspension du jugement ».

  • Chez les sceptiques (Pyrrhon), l'époché consiste à ne rien affirmer ni nier devant des arguments d'égale force : elle conduit à la tranquillité de l'âme (ataraxie).
  • Husserl reprend le terme dans un autre sens : « mettre entre parenthèses » l'adhésion naïve au monde pour décrire la conscience.

Termes liés : ataraxie.


Éros / Thanatos

Chez Freud, les deux grandes catégories de pulsions inconscientes : Éros, les pulsions de vie (amour, création, conservation) ; Thanatos, les pulsions de mort (agression, destruction).

  • Ces deux forces s'opposent et se mêlent dans toute la vie psychique et culturelle.
  • Noms empruntés à la mythologie grecque : Éros, dieu de l'amour ; Thanatos, personnification de la mort.

Termes liés : inconscient, Ça / Moi / Surmoi.


Esprit

Principe pensant, siège de la pensée et de la conscience, souvent opposé à la matière (ou au corps).

  • Proche de l'âme dans la tradition classique : chez Descartes, l'esprit (la res cogitans) est une substance dont toute l'essence est de penser, radicalement distincte du corps.
  • En philosophie de l'esprit, la question est de savoir si l'esprit se réduit à l'activité du cerveau (matérialisme) ou en constitue une réalité irréductible (dualisme, qualia).
  • Chez Hegel, l'Esprit (Geist) désigne aussi la réalité collective et historique : la culture, les institutions et la pensée d'une époque.

Termes liés : matière, âme, conscience, qualia.


Essentiel / accidentel

Repère officiel du programme

Est essentiel ce qui appartient à la définition d'une chose et ne peut être retiré sans la détruire ; est accidentel ce qui peut varier ou disparaître sans que la chose cesse d'être ce qu'elle est.

  • L'essence d'une chose est « ce qui fait qu'elle est ce qu'elle est » ; l'accident est ce qui lui arrive « indépendamment de son essence ».
  • Exemple : être un animal doué de raison serait essentiel à l'homme ; la couleur de ses cheveux, accidentelle.

Éthique

Réflexion raisonnée sur les fins de l'action humaine, sur le bien et le mal — souvent distinguée de la morale.

  • L'éthique est la partie de la philosophie qui traite du bien et du mal, des normes et des jugements de valeur, et qui s'interroge sur la fin (le but) de la vie humaine et les moyens de l'atteindre.
  • Distinction fréquente (mais non universelle) : la morale désigne l'ensemble des règles et des valeurs reçues au sein d'une société ; l'éthique est la réflexion critique qui les interroge et cherche à fonder l'art de bien vivre.
  • On parle ainsi d'éthique de la vertu (Aristote : le bien tient au caractère vertueux), par contraste avec les morales du devoir (Kant) ou des conséquences (utilitarisme).

Termes liés : morale, vertu, déontologie.


Eudaimonia

Mot grec traduit par « bonheur », composé de eu- (bien) et daimôn (génie, dieu protecteur) : littéralement « être accompagné d'un bon génie », avoir un sort favorable.

  • L'étymologie révèle une conception ancienne du bonheur comme sort garanti par une puissance favorable — plus proche de la « chance » (bon augure) que d'un état intérieur maîtrisé.
  • Chez Aristote, l'eudaimonia n'est pas un plaisir ponctuel mais l'activité de l'âme conforme à la vertu : la vie accomplie, digne d'être vécue (Éthique à Nicomaque).
  • À distinguer du plaisir bref et instable : le bonheur est un état global, stable et durable.

Voir : notion Bonheur, Aristote


Exemple / preuve

Repère officiel du programme

Un exemple illustre ou éclaire une idée par un cas particulier ; une preuve établit sa vérité par un raisonnement ou une expérience contraignants.

  • L'exemple aide à comprendre et rend concret, mais ne démontre rien : un cas ne vaut pas règle.
  • La preuve oblige l'esprit à admettre une conclusion (démonstration mathématique, vérification expérimentale).

Existence

Le fait d'être, la présence effective dans le monde — à distinguer de l'essence, l'ensemble des propriétés qui définissent la nature d'un être.

  • Une chose a une essence (sa définition) avant d'exister. L'existentialisme de Sartre renverse l'ordre pour l'homme : « l'existence précède l'essence » — l'homme n'a pas de nature donnée d'avance et se définit par ses actes.
  • Il en découle que l'homme est « condamné à être libre » : responsable de ce qu'il fait de lui-même.
  • Kant avait montré que l'existence n'est pas un simple attribut : « cent thalers » possibles et « cent thalers » réels ont le même concept, mais seuls les réels me rendent plus riche.

Termes liés : essentiel / accidentel, libre arbitre.


Expérience de Milgram

Expérience de psychologie sociale (Stanley Milgram) montrant que des individus ordinaires obéissent à une autorité jusqu'à infliger à autrui ce qu'ils croient être de graves souffrances.

  • Les sujets administraient (en apparence) des décharges électriques croissantes à un tiers, sur l'ordre d'un expérimentateur : une majorité allait jusqu'au bout.
  • Point d'appui de la réflexion sur l'obéissance, la désobéissance civile et la responsabilité individuelle face à l'autorité.

Termes liés : désobéissance civile, légal / légitime.


Expliquer / comprendre

Repère officiel du programme

Expliquer, c'est rendre compte d'un phénomène par ses causes (« comment ? ») ; comprendre, c'est saisir un sens de l'intérieur (« pourquoi ? », « qu'est-ce que cela signifie ? »).

  • On explique un phénomène naturel par des lois (la chute d'un corps) ; on comprend une conduite, un texte, une œuvre en en saisissant l'intention et le sens.
  • Distinction structurante des sciences humaines : la nature s'explique, la vie de l'esprit se comprend (tradition herméneutique).