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V

Vérité-correspondance​

Conception classique de la vérité : une proposition est vraie si elle correspond aux faits, si elle dit ce qui est.

  • « La neige est blanche » est vrai si, et seulement si, la neige est blanche : la vérité est l'accord de l'esprit avec la réalité.
  • On l'oppose à d'autres conceptions : la vérité-cohérence (accord des idées entre elles) et la vérité-utilité (le pragmatisme). Popper y rattache l'idée d'une science qui se corrige en confrontant ses énoncés aux faits.

Termes liés : falsifiabilité, croire / savoir.


Vertu​

Disposition acquise et durable à accomplir le bien ; force de l'âme qui incline à bien agir.

  • Chez Aristote, la vertu est un « juste milieu » entre deux excès : le courage se tient entre la lâcheté et la témérité.
  • Les quatre vertus cardinales sont la prudence, le courage, la justice et la tempérance. L'éthique de la vertu en fait le cœur de la morale.

Termes liés : éthique, phronèsis, tempérance / maîtrise de soi.


Vice​

Disposition habituelle à faire le mal, opposée à la vertu.

  • Chez Aristote, le vice est un excès ou un défaut par rapport au « juste milieu » qu'est la vertu : la lâcheté (défaut) et la témérité (excès) sont les deux vices opposés au courage.
  • Le vice n'est pas une faute isolée mais une manière d'être durable, contractée par l'habitude — comme la vertu.

Termes liés : vertu, éthique.


Vie contemplative​

Chez Aristote, la vie consacrée à la connaissance et à la contemplation de la vérité, tenue pour la plus haute forme de bonheur.

  • Elle est supérieure à la vie de jouissance (le plaisir) et à la vie politique (les honneurs), car elle exerce ce qu'il y a de plus divin en l'homme : l'intelligence.
  • Elle suppose le loisir (scholè) : c'est parce qu'on est libéré des nécessités matérielles qu'on peut philosopher.

Termes liés : eudaimonia, souverain bien.


Voile d'ignorance​

Expérience de pensée proposée par John Rawls (Théorie de la justice, 1971) pour fonder les principes d'une société juste.

  • Pour penser les règles d'une société juste, il faut les choisir derrière un voile d'ignorance : en ignorant la place que l'on y occupera (sexe, classe, talents, époque, position sociale).
  • Cette position originelle force à raisonner impartialement : nul ne peut tailler les règles à son avantage puisqu'il ignore qui il sera.
  • Rawls en déduit deux principes : (1) égales libertés fondamentales pour tous ; (2) les inégalités ne sont tolérées que si elles bénéficient aux plus défavorisés.
  • Méthode centrale du libéralisme politique rawlsien, à mettre en regard de la parabole de la flûte d'Amartya Sen (utilité / mérite / égalité comme principes de répartition concurrents).

Volonté​

Faculté de se déterminer à agir d'après la représentation d'une fin : pouvoir de décision réfléchie d'un sujet libre.

  • L'acte volontaire suppose délibération, décision puis exécution : il se distingue de l'impulsion et du réflexe.
  • Chez Kant, seule la bonne volonté — qui agit par devoir — est « bonne sans restriction » ; chez Rousseau, la volonté générale fonde le corps politique.
  • La volonté suppose la liberté : un acte n'émane vraiment d'elle que s'il trouve son principe dans une décision libre.

Termes liés : bonne volonté, volonté générale, liberté, libre arbitre.


Volonté générale​

Chez Rousseau, la volonté du corps politique tout entier orientée vers le bien commun, distincte de la simple somme des intérêts particuliers (la « volonté de tous »).

  • Par le contrat social, chacun remet ses droits à la communauté et obéit à la volonté générale : obéir à la loi qu'on s'est prescrite, c'est rester libre.
  • Fondement de la souveraineté populaire ; à distinguer de la volonté de la majorité, qui peut se tromper sur le bien commun.

Termes liés : contractualisme, droits naturels, autonomie / hétéronomie.


Vrai / probable / certain​

Repère officiel du programme

Le vrai qualifie une proposition conforme à la réalité ; le certain et le probable qualifient l'état d'esprit du sujet à son égard.

  • La certitude est subjective : on peut être certain d'une chose fausse. Le probable admet des degrés (plus ou moins vraisemblable), sans atteindre la certitude.
  • Une proposition peut donc être vraie sans être certaine (on l'ignore), ou tenue pour certaine sans être vraie (l'erreur, la croyance).

Termes liés : croire / savoir, vérité-correspondance.