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A

Absolu / relatif

Repère officiel du programme

Est absolu ce qui existe par soi, sans dépendre d'aucune relation ; est relatif ce qui n'existe qu'en rapport à autre chose.

  • L'absolu « possède en soi sa propre raison d'être, indépendamment de toute condition » : la métaphysique nomme ainsi l'être existant par lui-même (Dieu, la chose en soi kantienne).
  • Le relatif « n'a de sens que par rapport à une autre chose » ; un jugement relatif n'est vrai que dans un certain contexte (cf. relativisme).
  • Exemple : une vérité mathématique se veut absolue ; un jugement de goût est relatif au sujet.

Abstrait / concret

Repère officiel du programme

Est abstrait ce que la pensée isole d'une réalité où il n'existe jamais séparément ; est concret ce qui est donné dans l'expérience comme un tout.

  • L'abstraction « consiste à isoler par la pensée un élément d'une représentation » : la couleur rouge n'existe jamais seule, mais l'esprit peut la considérer à part.
  • Le concret est le réel tel qu'il se présente, dans sa totalité et sa singularité ; l'abstrait est le produit d'une opération de l'esprit (chez Kant, un acte de l'entendement qui forme les concepts).

Acte / puissance

Repère officiel du programme

Distinction d'Aristote : est en puissance ce qui peut devenir tel sans l'être encore ; est en acte ce qui est pleinement réalisé.

  • « La fleur est acte du bouton, qui est puissance du fruit » : le gland est un chêne en puissance, l'arbre adulte un chêne en acte.
  • L'acte pur (Dieu, selon Aristote) est l'être qui ne comporte plus rien en puissance.
  • Sert à penser le mouvement et la réalisation d'une potentialité — ainsi le bonheur conçu comme une activité en acte (Alain, d'inspiration aristotélicienne).

Aliénation

État d'un individu qui, dépossédé de lui-même, devient étranger à sa propre activité ou à sa propre nature.

  • Le sens premier est juridique (céder un bien). Avec Marx, le terme devient économique et politique : le prolétaire devient l'instrument de la société industrielle et « cesse de s'appartenir pour devenir l'esclave du capital ».
  • L'aliénation par le travail est liée à la division du travail, qui morcelle l'activité et en dépossède le travailleur.
  • En psychiatrie, le terme désigne les troubles où le sujet devient étranger à lui-même.

Termes liés : division du travail, dialectique du maître et de l'esclave.


Âme

Principe de vie et de pensée, traditionnellement distinct du corps.

  • Pour Platon, l'âme est immortelle et prisonnière du corps (son « tombeau ») : la mort la libère et lui permet de contempler les vérités éternelles.
  • Pour Aristote, l'âme ne peut exister sans le corps, dont elle est la forme (le principe qui l'organise et l'anime).
  • Descartes la définit comme substance pensante (res cogitans), sans rapport avec l'étendue du corps : c'est le dualisme de l'âme et du corps.

Termes liés : corps, esprit, dualisme, res cogitans.


Animal politique (zôon politikon)

Locution d'Aristote (grec zôon politikon) : l'homme est « un animal fait pour la cité », par nature destiné à vivre en communauté politique.

  • Aristote fonde cette définition sur le logos : seul l'homme possède la parole-raison, qui lui permet de dire le juste et l'injuste, et donc de fonder une cité (Politiques).
  • L'animal a la voix (phonè), qui exprime le plaisir et la douleur ; l'homme a le langage articulé, qui délibère sur le bien commun.

Termes liés : logos, phonè.


Aporie

Difficulté logique sans issue apparente, impasse à laquelle se heurte la pensée.

  • Chez Augustin, le temps est une aporie : le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore, et le présent, s'il durait, serait éternité — le temps « tend au néant » (Confessions, XI).
  • L'aporie n'est pas un simple échec : elle est souvent le point de départ d'une élucidation (pour Bergson, elle naît de la spatialisation du temps).

Argument du zombie

Expérience de pensée de David Chalmers : on peut concevoir sans contradiction un être physiquement identique à un humain, mais totalement dépourvu d'expérience consciente (un « zombie »).

  • Si un tel zombie est concevable, alors la conscience — l'expérience vécue, les qualia — n'est pas réductible aux seuls processus physiques du cerveau.
  • Argument central du « problème difficile de la conscience » : expliquer le fonctionnement du cerveau ne dit pas pourquoi il s'accompagne d'un ressenti subjectif.

Termes liés : qualia, conscience.


Ars

Mot latin qui signifie « savoir-faire ». Racine commune à artisan et artiste, équivalent latin du grec tekhnê.

  • L'origine commune de ars et de tekhnê (grec) montre que, pendant longtemps, on n'a pas distingué les œuvres d'art des objets techniques : l'artiste était considéré comme un artisan.
  • Ce n'est qu'à partir du 18ᵉ siècle, avec l'apparition de la catégorie des « beaux-arts », que les artistes se sont distingués du domaine des « Arts et Métiers ».
  • Termes liés : tekhnê (équivalent grec).

Ataraxie

Absence de trouble. Finalité morale de l'épicurisme.

  • Pour Épicure, l'ataraxie désigne l'absence de souffrance corporelle et de trouble de l'âme, obtenue par la recherche de plaisirs simples et de désirs naturels.
  • À ne pas confondre avec l'apathie (absence d'émotion, finalité du stoïcisme).

Autonomie / hétéronomie

Chez Kant, l'autonomie est le fait de se donner à soi-même sa propre loi par la raison ; l'hétéronomie, le fait d'obéir à une loi reçue du dehors (désir, intérêt, autorité).

  • La volonté est autonome quand elle se conforme au devoir qu'elle se prescrit rationnellement, « en dehors de toute autorité extérieure et de toute pression sensible ».
  • Elle est hétéronome quand elle se soumet à des mobiles sensibles : plaisir, crainte, habitude.
  • L'autonomie est ainsi le fondement de la dignité morale : n'obéir qu'à la loi qu'on s'est donnée.

Termes liés : par devoir, impératif catégorique, maxime.