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« Être libre, est-ce faire ce que l'on veut ? » Défendez une position argumentée en vous appuyant sur au moins deux références de la leçon (le texte de Leibniz, les stoïciens et Épictète, les situations étudiées).
On peut d'abord le soutenir : être libre, c'est pouvoir faire ce que l'on veut, sans obstacle ni empêchement. C'est ce que Leibniz appelle « la puissance de faire ce qu'on veut » ; le prisonnier et le paralytique en sont privés, et elle « a ses degrés » : plus on a de moyens, plus on est libre. Mais cette définition confond la liberté de faire et la liberté de vouloir. Le joueur qui retourne au casino fait exactement ce qu'il veut, et pourtant il n'est pas libre : il veut sous l'emprise d'une passion, sans « la délibération qui est requise ». Faire ce qu'on veut ne suffit donc pas ; encore faut-il vouloir librement. Les stoïciens vont plus loin : ils disaient que « le sage seul est libre ». Épictète, esclave, enseignait que lui était libre et que son maître ne l'était pas : privé de la liberté de droit et de faire, il gardait la maîtrise de ses jugements et de ses désirs. À l'inverse, le milliardaire dépendant peut tout faire et ne peut rien vouloir réellement. Une objection : réduire la liberté à la maîtrise de soi pourrait consoler de toutes les servitudes, et dispenser de libérer l'esclave. Réponse possible : être libre n'est pas seulement faire ce que l'on veut, c'est vouloir comme il faut ; mais une liberté intérieure qui renoncerait à la liberté de droit et de faire resterait incomplète.