« Faut-il toujours dire la vérité, même à un meurtrier qui demande où se cache sa victime ? » (Kant vs Constant, 1797). Défendez une position argumentée en mobilisant au moins deux des trois éthiques.
Kant soutient qu'il faut toujours dire la vérité, même au meurtrier : la véracité est un devoir parfait, sans exception ; mentir, même pour sauver une vie, c'est utiliser autrui comme un moyen et détruire la confiance qui rend la communication possible. Mais cette position se heurte à l'objection utilitariste : si mentir sauve une vie, le calcul est limpide — la balance des conséquences favorise le mensonge. L'éthique de la vertu propose une troisième voie : un homme prudent (phronimos) ment à un meurtrier sans pour autant cesser d'être un homme « véridique » au sens large, parce que la véracité comme vertu n'est pas une règle mécanique, mais un discernement situé. Une réponse possible est donc : oui, mentir au meurtrier est moralement légitime, mais cela révèle que la déontologie kantienne pèche par rigidité — sa formule des fins exige précisément qu'on protège la personne d'autrui, et l'innocent menacé reste cette personne à protéger en premier.