Gramsci — deux manières de penser
Une fois démontré que tout le monde est philosophe […], on passe au second moment, qui est celui de la critique et de la conscience, c'est-à-dire à la question :
— est-il préférable de « penser » sans en avoir une conscience critique, sans souci d'unité et au gré des circonstances, autrement dit de « participer » à une conception du monde « imposée » mécaniquement par le milieu ambiant ;
— ou bien est-il préférable d'élaborer sa propre conception du monde consciemment et suivant une attitude critique et par conséquent choisir sa propre sphère d'activité, participer activement à la production de l'histoire du monde, être à soi-même son propre guide au lieu d'accepter, passivement et de l'extérieur, une empreinte imposée à sa propre personnalité ?
— Antonio Gramsci, Cahiers de prison
Questions
1. Pourquoi serions-nous déjà philosophes sans avoir jamais fait de philosophie ?
2. Quelles sont les deux manières de penser que Gramsci décrit ?
3. Pourquoi la seconde est-elle préférable à la première ? (le texte donne trois raisons)